Sélectionner une page

Communication du groupe Front national au conseil régional des Pays de la Loire


Commission permanente du conseil régional du 25 mai 2018

Finances, ressources humaines, affaires générales, coopération interrégionale, affaires européennes et coopération internationale

Nous nous sommes étonnés auprès de l’exécutif de la mise en place d’aides européennes aux jeunes pécheurs pour un montant total de 600 000 euros, ce qui est une bonne utilisation de l’argent de nos impôts confié à Bruxelles et revenant en région : malheureusement, les projets d’installation d’éoliennes au large de la côte vont durant cinq ans détruire en grande partie la ressource halieutique, et donc le volume de la pêche entre l’Île d’Yeu et Noirmoutier. Cela affectera dramatiquement les revenus des pêcheurs de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et rendre plus que difficile économiquement l’activité de jeunes pêcheurs dont la Région finance l’installation. Aberrant !

Dans le même registre de l’incohérence, comment ne pas estimer anormal de financer une association informant les étudiants sur l’environnement dans le cadre d’Erasmus, ou le voyage de deux Ligériens aux États-Unis traversant ce pays au guidon d’une Harley Davidson datant de la Première guerre mondiale pour commémorer le centenaire de la fin de ce terrible conflit, qui s’est déroulé essentiellement sur le territoire français et l’a profondément ravagé au Nord et à l’Est. Nous avons cité cette phrase de la chanson de Brigitte Bardot : « Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson. » et certainement pas de quelques milliers d’euros de nos impôts pour un voyage qui n‘aura aucun impact utile à notre région des Pays de Loire. Enfin nous avons déploré le financement de 12 000 euros des déplacements des membres des CESER des régions Atlantique pour leurs réunions communes : n’y a t-il pas plus urgent que cela en ce moment de difficultés budgétaires ?

Jean GOYCHMAN, président du groupe — Pascal GANNAT

Entreprises, développement international, développement international, tourisme, innovation, enseignement supérieur et recherche

Notre commission a vu passer son quota de subventions. Il y a quelques points positifs, notamment lorsque la région soutient la relocalisation d’activité parties en Chine ou le redéploiement industriel par des prêts et garanties. Notons l’abandon partiel pour 903 000 euros d’une avance remboursable votée en faveur de STX en 2010. L’absence d’une réelle politique industrielle et de protectionnisme économique coûte cher !

En fin, point de détail budgétaire, la Région a décidé d’accorder une subvention de 3 000 euros pour un séjour de deux semaines au Liban en mars d’une vingtaine d’étudiants de l’Association régionale pour l’Institut de formation en travail social (ARIFTS) dans le cadre d’un partenariat avec des organismes de formation libanais et le Haut commissariat aux réfugiés. Cette subvention pose problème, non dans son montant, minime, mais dans son orientation idéologique. En effet ce séjour visait à la formation de jeunes travailleurs sociaux et avait pour thème l’accompagnement des traumatismes liés à l’exil, l’appréhension des conditions sociales des réfugiés. Le problème c’est que ces étudiants n’ont aucunement vocation à travailler à l’étranger, mais bien en France. En subventionnant ce voyage, sur fond humaniste, la Région contribue en réalité à la propagande en faveur de la submersion migratoire auprès de la jeunesse. Gageons que ces jeunes pleins de bonne volonté sont rentrés de ce voyage bien sensibilisés, et qu’ils seront de parfaits militants de la cause de clandestins qui ne sont « réfugiés » que dans l’imaginaire médiatique. Nous les retrouverons donc battant le pavé avec leurs collègues des services sociaux qui enchaînent les manifestations partout sur le territoire national pour solliciter plus de moyens, plus de postes, pour l’accueil des « mineurs étrangers » qui ne sont que très rarement mineurs, jamais réellement sans famille, et bien plus fréquemment des délinquants. Ceci alors que les budgets départementaux sont mis en péril et que le coût de cet accueil totalement injustifié dépasse le milliard d’euros.

Monique LIEUMONT-BRIAND — Brigitte NÉDÉLEC

Transports, mobilité, infrastructures

Il vient d’être proposé le vote d’une subvention de 30 000 euros pour l’organisation d’université d’été dédiées au thème du Très haut débit (THD), à Laval, les 19 et 20 septembre prochains. Or, si la fracture numérique est naturellement un problème important dans les Pays de la Loire, encore faut-il lui répondre par de vraies solutions. Si l’on veut résorber cette fracture partout dans les Pays de la Loire, la priorité réside a priori plus dans l’installation progressive de nouveaux pylônes que dans l’organisation d’un événement institutionnel sur le THD, qui plus est symboliquement tenu dans le département (la Mayenne) subissant le plus la fracture numérique dans la région. Il est tout de même fameux en effet que le thème du haut débit soit traité là où l’on souffre le plus de son manque. Et si cela est intentionnel, c’est assez maladroit.

Au-delà de la Mayenne, la persistance de ces zones blanches jusque-dans les aires urbaines de grandes villes comme Nantes et Saint-Nazaire montre par l’ « exemple » — le contre-exemple — que les réformes territoriales récentes, accélératrices du phénomène plus ancien de métropolisation, ne profitent qu’à une minorité de territoires riches et interconnectés. Au-delà de ces points de connexion, subsistent l’immensité du territoire français et deux tiers de ses habitants, périphériques de tout. Dans cet ensemble, et même en Loire-Atlantique, pourtant département le mieux desservi de la région, existent donc de vraies zones blanches, où le débit Internet est lent, et le téléphone portable capte mal : à Geneston, Lavau-sur-Loire, Prinquiau, Malville, Saint-Anne-sur-Brivet, dans le quartier vertavien des Régniers-en-Péger et à Château-Thébaud, par exemple.

Nous ne pouvons donc constater que ce problème n’est toujours pas réglé, en dépit des engagements avancés par la majorité régionale sur ce domaine dans le cadre du Pacte pour la ruralité, et son travail de cartographie, en 2016. Voilà une illustration de toutes les limites de la politique régionale en « grands plans » et en « pactes d’urgence » mises en branle par Bruno Retailleau, et que son successeur, Christelle Morançais, avide de communiquer plutôt que d’agir, n’a pas renié.

Jean-Claude BLANCHARD

Agriculture, agro-alimentaire, forêts, pêche, mer

Nous avons approuvé le financement du salon Mécaélevage de Cholet, du COREPEM et l’association Pornic Port de pêche, en commission Agriculture et agro-alimentaire du conseil régional. Mais notre opposition reste ferme concernant le subventionnement des programmes d’actions et de communication des syndicats agricoles : ici, les Jeunes agriculteurs (JA) et la Coordination rurale (CR), pour un total de 320 000 euros.

Sur ce dernier point soulevé nous en restons au positionnement qui est le nôtre depuis 2016. Nous estimons ainsi que les organisations syndicales de tous ordres, même agricoles, doivent autant que possible se financer par l’argent de leurs cotisants, avant de solliciter l’argent public.

De plus, malgré leur aspect jeune et sympa, pratiquement apolitique, les JA font systématiquement liste commune aux élections professionnelles avec la FNSEA, syndicat agricole majoritaire, soutien éhonté des gouvernements successifs, malgré sa fausse opposition occasionnelle dans la rue (mais son plein soutien à la PAC, et sa neutralité gênée sur les traités de libre-échange TAFTA et CETA). Pas d’argent public pour le JA, ni de soutien aux faux-nez de l’agro-productivisme !

Marguerite LUSSAUD — Bruno de LA MORINIÈRE