Sélectionner une page

Tribune de Saint-Nazaire infos


C’est la question qui doit être posée. On apprenait il y a deux jours que Fincantieri venait de conclure un accord de coopération quasi-universelle avec la compagnie chinoise China State Shipbuilding Corporation (CSSC). Dans la revue Mer et Marine, Vincent Croizeleau cite notamment la société Fincantieri : « L’accord prévoit que les parties discutent de la possibilité d’étendre leur collaboration actuelle, qui compte une coentreprise dédiée aux premiers navires de croisière construits en Chine pour le marché local et d’autres activités connexes. »

Le groupe FN au conseil régional des Pays de la Loire avait été le premier a poser la question de l’avenir des chantiers navals de Saint-Nazaire, dès le 16 juin 2016. Cette entreprise alors dénommés STX France, menacée par la mise sous séquestre de sa maison-mère sud-coréenne par le tribunal de Séoul. Le groupe RN avait alors proposé la mise sous sauvegarde de l’entreprise par le tribunal de commerce de Saint-Nazaire. Le ministre de l’économie de l ‘époque, un certain Emmanuel Macron, avait répondu que tout était sous contrôle et que l’État possédait toutes les armes nécessaires…

La suite est connue : invraisemblable feuilleton dû à la volonté du Gouvernement mis en place par Emmanuel Macron après son élection, entêtement incompréhensible de Bruno Le Maire, ministre de l’économie, afin d’aboutir à un partage 50/50 avec Fincantieri qui prenait néanmoins le contrôle de STX grâce au 1 % supplémentaire des parts louées par l’État français, tout en rajoutant de surcroît Naval Group (ex-DCNS et hautement stratégique pour le naval militaire) afin de créer « un Airbus de la navale ». Cette idéologie d’une Europe intégrée par tous les moyens et à n’importe quel prix a conduit à faire n’importe quoi. Plutôt que de faire face à la réalité et de saisir une opportunité heureuse qui permettait de reprendre à un prix très faible le contrôle intégral de STX France, entreprise qui fonctionne très bien d’une façon autonome depuis plusieurs années, qui livre ses paquebots et engrange de nouvelles commandes, le Gouvernement veut maintenir coûte que coûte son projet de prise de contrôle de Fincantieri.

Il serait bon que ce gouvernement se rappelle de temps en temps que cette entreprise appartient d’abord et avant tout au peuple français, et que celui-ci n’a pas donné de mandat à qui que ce soit pour qu’elle soit englobée dans un conglomérat sino-italien dans lequel elle disparaîtrait rapidement. La vision dogmatique d’une Europe intégrée dans laquelle les nations se fondraient dans un vaste ensemble au contour indéfini appartient au passé. Leur grand retour correspond avant tout à une volonté des peuples qui ne fait plus confiance à ses « élites »

Laissons les Chantiers de l’Atlantique construire des navires au bord du même océan où ils sont nés.

Jean GOYCHMAN

► SUR CE MÊME THÈME