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Commission permanente du conseil régional, 24 septembre 2018


Finances, ressources humaines, affaires générales, coopération interrégionale, affaires européennes et coopération internationale

Il s’agissait d’une commission sectorielle de « routine ». Nous sommes cependant intervenus pour demander un dégroupage de vote sur le rapport n° 529. Ce dégroupage était motivé par le fait que nous étions d’accord pour subventionner les deux premières dispositions du rapport, prévoyant une aide fonctionnement à deux organismes s’occupant, pour le premier des personnes âgées dépendantes, et le second des opérations de rapprochement de comités de jumelage entre la Vendée et l’Allemagne.

Il en allait différemment de la troisième proposition, qui consistait à octroyer un crédit d’investissement de 100 000 euros à l’organisme EuradioNantes. Cette radio apparemment locale est une protubérance du Mouvement européen — France, qui est un organe de propagande pour une Europe fédérale, issu en 1960 de l’American Comittee on United Europe1 (ACUE, Comité européen pour une Europe unie), fondé en 1946.

Étant en opposition quasi-frontale avec ses objectifs, mais conscients de ce qu’un votre contre l’ensemble ne répondait pas à notre perception, nous avons demandé et obtenu un dégroupage qui nous a permis de soutenir les deux premières opérations en nous opposant à la troisième.

1 — https://fr.wikipedia.org/wiki/Comit%C3%A9_am%C3%A9ricain_pour_une_Europe_unie

Jean GOYCHMAN, président du groupe — Pascal GANNAT

Entreprises, développement international, développement international, tourisme, innovation, enseignement supérieur et recherche

Bien des points prêtaient à débats lors de la commission permanente du 28 septembre. Dans le rapport « Programmes de recherches régionaux et interrégionaux », nous nous sommes opposées au versement d’une subvention de fonctionnement de 227 137 euros à l’Université de Nantes, au bénéfice de la Maison des sciences humaines (MSH) Ange Guépin, accordée dans le cadre de l’objectif de soutien à la recherche en sciences humaines et sociales fixé par le Contrat de Plan État-Région (CPER). La MSH fonctionne selon des partis-pris idéologiques et politiques caricaturaux, dans une absence totale de pluralité des points de vue. Adepte de l’écriture inclusive, la MSH pratique les études du « genre » dans tous ses états. 2017 : « genre  et migrations » ; « genre  et création » ; « genre  et corps ». 2018 : « genre  et santé » ; « le congé parental à l’aune des stéréotypes de genre »… En janvier 2018 le colloque « Qu’est-ce qui vient après la Nation ? La démocratie en Europe et au-delà des nations », expliquait que le concept d’État-nation est dépassé… Le colloque « Migrations, sexualités, tourisme » réunissait en mars 2018 des auteurs de travaux portant exclusivement sur le Maghreb et la péninsule arabique, tels que : « Circulation migratoire des Marocains.e.s à Dubaï » ; « Genre, jeunesse et sexualités en milieu urbain au Maroc » ; « Lesbiennes au Maroc » ; « Relations amoureuses au sultanat d’Oman » ; ou encore « La circulation des discours des Femen en Méditerranée ». Que la MSH soit financée par une majorité de gauche apparaîtrait logique, car conforme à ses convictions. Mais quelles sont donc les convictions de l’actuelle majorité qui perpétue la tradition de financer les idéologues de gauche, alors que toute expression contraire à cette idéologie est muselée, que les auteurs dits de droite  soutenant des thèses opposées sont interdits de radio et de télévision et physiquement menacés ?

La discrimination positive était aussi à l’honneur, avec 50 000 euros pour le projet BRIO de tutorat par des élèves de grandes écoles en faveur des élèves des quartiers défavorisés de la ville de Nantes. Nous attendons une démarche similaire en faveur des élèves de la ruralité. Notons aussi pour l’anecdote, le vote d’une subvention de 30 000 euros à l’association Émergence, pour l’organisation de cours de couture dans des « quartiers populaires », mot qui sert à masquer le lien avec l’immigration, dévoyant  ainsi ce terme de son sens initial. Ces cours qui ont disparu depuis longtemps des établissements scolaires et de la liste des activités associatives, au nom du féminisme sans doute, sont aujourd’hui introuvables sauf à habiter lesdits quartiers « populaires ».

Enfin, avec nos collègues d’Europe écologie-Les Verts (EELV), nous nous sommes opposés au vote d’une subvention à une société de recherche dans le domaine de médecine vétérinaire, en raison des pratiques de grave maltraitance animale constatées au sein de cette entreprise. Comme en matière de bioéthique humaine, nous ne pouvons admettre que la recherche se pratique sans éthique et à n’importe quel prix.

Monique LIEUMONT-BRIAND — Brigitte NÉDÉLEC

Transports, mobilités et infrastructures

En commission Transports du conseil régional des Pays de la Loire, il vient d’être rappelé au sein du rapport 107 (relatif aux infrastructures ferroviaires) que bien des problèmes demeurent sur la ligne Nantes-Bordeaux, en particulier sur le tronçon La Roche-sur-Yon-La Rochelle. La Région semble certes prendre le problème avec sérieux, mais quelle inertie toutefois dans les décisions…

En effet, cette ligne est en souffrance depuis au moins cinq ans, au regard de ce que révèlent les archives des comités de pilotage (COPIL). Concrètement, sur le tronçon La Roche-sur-Yon-La Rochelle, d’une centaine de kilomètres, la qualité de la ligne est tellement dégradée que les services régionaux jugent qu’il est porté atteinte aux « performances commerciales sur l’axe ». On ne saurait les contredire, au vu de l’effondrement du trafic de l’ordre de 29 % en 2016 et de la vitesse diminuée des trains, de l’ordre 60 kilomètres par heure au maximum ! Nous avons naturellement voté en faveur du rapport 107, et de la rénovation du tronçon concerné.

À cette mauvaise qualité chronique du service TER dans le Sud-Vendée s’ajoute par ailleurs l’inquiétude manifestée par les habitants de Luçon, vis-à-vis d’une possible fermeture de leur gare. L’avenir du rail ne passe pourtant pas, selon nous, par la fermeture de gares et guichets de proximité — comme en 2017 avec la cessation du site de Couëron, en Loire-Atlantique, et, en juillet dernier, celui de Vertou — mais dans la persistance d’un maillage dense et équilibré du service public ferroviaire, vecteur de dynamisation économique et d’aménagement territorial.

Jean-Claude BLANCHARD

Agriculture, agro-alimentaire, forêts, pêche, mer

En commission Agriculture, agro-alimentaire du conseil régional, les élus du RN ont approuvé la valorisation par la Région dans le cadre d’un concours national des races bovines notamment les blanc-bleu, durant le Festival de la viande d’Évron. Evénement majeur de la scène agricole mayennaise, il vient d’accueillir vingt mille participants, et confirme l’attrait du public pour ce type de grandes manifestations mettant en valeur l’excellence des races à viandes et animaux issus de croisements , à l’instar de la Fête de la vache nantaise, au même moment à Plessé, près de Blain (cinquante mille participants). Pour autant, nous constatons une faible valorisation de ces viandes de grande qualité, qui ne récompense que trop peu le travail et la passion de nos éleveurs pour l’élevage de ces bovins d’exception. Il est logique que nous soutenions ce type de manifestations, qui valorisent notre agriculture régionale.

Par ailleurs, nous avons voté les différentes dispositions contenues dans le rapport n° 192, principalement l’aide à l’installation de jeunes pêcheurs, dans le cadre de la mesure n° 31 du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), et la mise en place d’un centre de stockage « pilote » de civelles à Cordemais.

Sur ce dernier point, issu d’une étude sur la filière anguille de 2015, en partenariat avec le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins des Pays de la Loire (COREPEM), les services de la Région soulignent que le premier objectif de ce lieu de stockage est « de réunir les captures d’un ensemble de pêcheurs civeliers de Loire afin de répondre directement à des projets de repeuplement européen ». C’est un projet de valorisation d’une espèce par ailleurs menacée, au sein d’un pays capitalisant 80 % du stock européen sur sa façade maritime métropolitaine. Il convient donc de le soutenir.

Marguerite LUSSAUD — Bruno de LA MORINIÈRE