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Depuis le 17 novembre, tous les ministres interrogés, y compris le Premier ministre, s’arrangent pour glisser dans leurs interventions un couplet sur les morts et les blessés qui résulteraient des actions menées par les Gilets jaunes. Hormis le fait que l’on ne donne que des chiffres sans relater les circonstances particulières, le fait d’instrumentaliser ces victimes — car ce sont des victimes, et nul ne pourrait imaginer un seul instant que ces accidents soient le résultat d’actions mûries à l’avance — relève surtout d’un désarroi lié à l’absence de réponse face à cette réalité douloureuse qu’exprime ce rassemblement spontané.

Cette méthode du Gouvernement par la peur est souvent employée par Emmanuel Macron. Dans chacun de ses discours, il nous parle des périls qui nous guettent. Le réchauffement climatique (dont on préfère omettre de dire que seul celui dû à l’activité humaine, ce qui est loin d’être scientifiquement démontré, est pris en considération) qui va être à l’origine de centaines de milliers de morts dans les décennies futures, la montée des nationalistes, qu’il considère comme une lèpre dans l’intention évidente de nous rappeler la « peste brune » du nazisme, et pour qu’on comprenne bien le message, il ajoute « le relent des années 30 ». C’est également le chaos mondial (rien que cela), lequel résulterait d’une évolution européenne qui irait vers moins de fédéralisme et plus de patriotisme. Bref, vous l’avez compris, il se pose en rempart universel de tous les périls qui guettent l’Humanité, mais se garde bien de répondre aux préoccupations du quotidien.

Jamais dans notre histoire récente n’est apparue une telle fracture entre une élite mondialisée qui tient à imposer sa vision d’un monde uniforme, sans frontières et donc sans nations, régi par les seules lois du commerce et du profit, et des peuples, attachés à leurs cultures et à leurs identités, qui demandent simplement de vivre avec un minimum de dignité. Ils ont réalisé que ce projet mondialiste les entraîne vers une inexorable paupérisation, d’où leurs réactions.

Jean GOYCHMAN


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