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Il y a moins de deux semaines, neuf voitures étaient incendiées dans le quartier du Petit caporal, dans le même temps que se déroulait une tentative de meurtre à la Bouletterie. Ces derniers jours, ce sont plusieurs véhicules qui ont été incendiés dans le quartier de Saint-Marc-sur-Mer, jusque-là préservé de ce type d’événements.

Le samedi 17 novembre est une journée qui risque de marquer un tournant important dans notre histoire politique nationale comme régionale. La contestation n’est pourtant pas l’apanage de nos habitants, d’ordinaire plutôt disciplinés. Mais trop, c’est trop. La géographie de la région fait que notre habitat est disséminé dans nos campagnes, et que la voiture est devenue un auxiliaire essentiel de notre vie.

Depuis plusieurs décennies, il est de bon ton de la part des élites gouvernantes de nous culpabiliser en faisant de l’automobile le bouc-émissaire de tous les dangers. Ce vieux relent, qui fait passer pour nanti l’automobiliste et pour indigent le piéton, est pourtant savamment entretenu, contre toute évidence.

L’on aura beau nous expliquer que les augmentations successives de toutes les formes d’énergies fossiles sont pour améliorer notre quotidien et préserver l’avenir de nos enfants, nous n’avons plus les moyens de l’accepter. Le prix des carburants, essence comme diesel, subit un matraquage sans précédent, et il apparaît que seul un mouvement d’une ampleur inégalé conduira nos dirigeants politiques à infléchir cette politique mortifère.

Surpris par la rapidité et l’ampleur du mouvement qui se développe, le gouvernement tente d’allumer des contre-feux afin d’en minimiser l’impact. Ne nous laissons pas abuser. Il ne s’agit pas de nous faire changer nos véhicules, mais bel et bien de continuer à taxer de plus en plus tout ce qui touche à l’automobile classique. Il paraît évident que la production d’électricité actuelle de notre pays ne peut assurer la recharge quotidienne de millions de véhicules électriques, dont la fabrication et l’entretien des batteries généreraient, de plus, un bilan carbone totalement à l’encontre des idées défendues pour justifier ce véritable racket dont nous sommes victimes.

L’enjeu de ce mouvement est capital, et notre mobilisation doit être exemplaire. C’est la seule chose que nos gouvernants semblent à même de comprendre. Notre détermination doit se révéler dissuasive, afin de mettre un terme définitif à ces incessantes augmentations qui ne peuvent que se traduire, comme toute autre mesure d’austérité, que par un chômage augmenté et une récession à terme.

Jean GOYCHMAN


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