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Le conseil municipal de Saint-Nazaire a décidé ces derniers jours de la création d’un « droit d’interpellation citoyenne ». Les revendications formulées depuis cet automne par les Gilets jaunes expliquent sans doute cette initiative de la Mairie. Dorénavant, la majorité municipale pourra être saisie en séance du conseil d’un sujet local et lié aux compétences communales, pour peu que celui-ci soit mis au débat par au moins 2 500 Nazairiens volontaires.

Pour le Rassemblement national (RN), tout ce qui participe à donner le pouvoir au peuple est positif. Nous considérons que « le peuple n’a jamais tort », lorsqu’on lui demande son avis — ce que notre groupe a rappelé dans son intervention sur l’interpellation citoyenne, au conseil — bien qu’en France, il semble coutumier de ne pas respecter l’issue des référendums, et même, depuis quatorze ans, de ne plus en organiser… Concernant ce droit d’interpellation proposé aux Nazairiens, encore faudrait-il le placer à un juste niveau : recueillir 2 500 signatures dans une commune de 71 000 habitants (soit plus de 5 % du corps électoral) est pratiquement impossible. Aussi, le RN propose-t-il que ce seuil soit abaissé à 1 000, et que le débat consécutif au conseil municipal débouche automatiquement sur une votation dont l’issue ait valeur de décision.

Ce droit d’interpellation citoyenne est d’apparence sympathique, mais ce n’est pas encore un vrai droit. Avec le RN à la Mairie, en 2020, il le deviendra. De même, le cas d’école que représente son initiateur, Jean-Luc Séchet, qui cumule la fonction d’adjoint du maire aux élections et de secrétaire du Parti socialiste nazairien, ne pourra pas exister. Car, avec un maire RN, afin de prévenir tout mélange des genres, l’adjoint aux élections sera précisément choisi pour son absence d’attache partisane : il sera sans étiquette politique.

Gauthier BOUCHET


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