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Ces derniers jours, Laurianne Deniaud, adjointe à l’urbanisme du maire de Saint-Nazaire, publiait une tribune dénonçant des faits supposés d’agression sexuelle à la Mairie de Saint-Nazaire, impliquant un autre adjoint, Martin Arnout. Celui-ci aurait eu des comportements inappropriés l’an dernier à l’égard d’une conseillère municipale. Dans cette tribune, madame Deniaud joint sa signature à celle d’une dizaine d’élus de différentes sensibilités de la majorité, dont plusieurs adjoints.

Il importe bien sûr que soit respectée la présomption d’innocence, mais si ces faits sont avérés, le Rassemblement national (RN) les condamne avec la plus ferme résolution. Nous sommes convaincus que les atteintes à la dignité des personnes n’ont pas leur place dans la gestion d’une collectivité, qui se doit d’être exemplaire. Si monsieur Arnout est effectivement coupable de tels faits, il doit donc l’assumer et démissionner du conseil municipal.

En creux, cette sordide affaire révèle aussi beaucoup des fragilités de la majorité municipale, qui s’était auto-intitulée « fraternelle » dans un slogan de campagne avant d’être élue, mais dont l’unité est durement éprouvée depuis ces derniers mois. Dans sa communication, le maire, David Samzun indique ne pas avoir voulu mettre dans le débat cette affaire avant les élections européennes. Ce que l’on peut comprendre, implicitement, c’est qu’il craignait de la sorte que le Parti socialiste (10 % des voix seulement ce dimanche alors, alors que cette force politique gère la Ville depuis un siècle !) ne soit encore plus durement sanctionnée par les électeurs.

Les Nazairiens pourront en tout cas méditer sur le fait que le PS nazairien n’est plus inamovible, qu’il peut tomber à la prochaine élection. Probablement, désormais, le maire devra affronter une liste frondeuse à sa gauche, issue de cette piteuse affaire de mœurs. Les habitants de Saint-Nazaire sauront alors juger qu’il n’y a plus que deux forces en présence : eux et nous ; que la fraternité n’est plus dans leur camp et que la moralité est du nôtre.

Gauthier BOUCHET


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