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Entretien avec Breizh-info du 4 février 2020


A cinquante-ix ans, conseiller municipal depuis 2014 à la Baule-Escoublac, il se représente pour le RN dans la commune balnéaire où le nombre de listes à la municipale est très important : il y aura au moins cinq listes en mars 2020. Nous l’avons interviewé. C’est le troisième candidat présenté par le RN dans le département après Éléonore Revel à Nantes, et Gauthier Bouchet à Saint-Nazaire.

Breizh-Info : Pouvez-vous vous présenter ?

— Didier Vernet : J’ai cinquante-six ans, j’ai été professeur de lettres à Saint-Sébastien sur Loire et Herbignac, d’abord en lycées et BTS, puis dans le soutien scolaire. Je suis conseiller municipal depuis 2014 à la Baule-Escoublac, où je vis depuis 1993.

— BI : Pourquoi avez-vous quitté l’Éducation nationale ?

— DV : Mais, tout le monde a envie de quitter l’Éducation nationale ! Il faut essayer d’apprendre quelque chose aux enfants, qui aujourd’hui ne savent plus qu’accorder un participe passé alors que les programmes n’ont jamais été aussi inutilement savants.

— BI : Pourquoi vous présentez-vous ?

— DV : Contrairement aux autres, nous ne faisons pas partie d’un magma macrono-compatible, nous ne sommes pas d’anciens Républicains plus ou moins cachés – ce qui est le cas de tous, sauf d’Anne Boyé – nous ne valsons pas les étiquettes.

— BI : Que pensez-vous de la députée Josso, qui se présente comme « commissaire de la défense » alors qu’elle est en campagne aux municipales…

— DV : Josso n’est pas grand-chose. Comme les autres, elle est honteuse de son appartenance politique.

— BI : le RN prospère là où l’économie va mal, où la délinquance explose, où l’immigration se fait de plus en plus lourde. La Baule, qui est une sorte de bulle isolée par un mur d’argent, n’est-elle pas une cause désespérée pour le RN ?

— DV : C’est le Titanic, l’iceberg est encore invisible grâce au mur de l’argent, les gens se sentent protégés. Mais il y a une explosion de la délinquance, du communautarisme, des vols dans les rues, des cambriolages, chaque année ça augmente un peu, donc c’est insensible.

— BI : Quelles sont vos idées pour la Baule ?

— DV : Lui redonner son éclat. Le remblai n’est pas entretenu, les lampadaires sont en partie hors service. Les finances sont bonnes car il n’y a pas eu d’investissements. On ne veut pas du bétonnage à outrance, mais un cadre de vie à respecter, un patrimoine et une identité. La Baule, c’est l’économie touristique, et il faut redonner l’identité bauloise à la station, pour que le touriste ait envie de revenir passer ses vacances dans un cadre familial.

— BI : et ce n’est plus le cas ?

— DV : Pas vraiment. On a un adjoint à la culture passionné par le street art, donc depuis six mois il y a des cabanes taguées sur la place de la Victoire. Puis je veux aussi renouer avec l’identité bretonne. Il doit y avoir un esprit breton qui transcende.

— BI : Vous signeriez la charte Ya d’ar Brezhoneg si vous êtes élus ?

— DV : Il y a déjà le drapeau breton, des bagads. En tant que maire je n’aurai pas une politique culturelle qu’avec des binious et des bagads. Il y a un esprit breton, il faut continuer à le faire vivre.

— BI : Que comptez vous faire contre l’insécurité ?

— DV : Embaucher plus de policiers municipaux, mettre plus de caméras, mais cela a un coût. En revanche au niveau des missions à effectuer, la police municipale doit faire moins de PV et plus de sécurité, veiller dans les rues pour limiter les cambriolages et les bagarres.

— BI : et pour le stationnement ?

— DV : J’étais contre le stationnement payant à outrance. De juin à septembre, ça peut se comprendre, mais pas en mars avril, ça n’a pas de sens.

— BI : Franck Louvrier est donné favori du scrutin, qu’en pensez-vous ?

— DV : Il a un don rare d’ubiquité. Faire la promotion de la ville de Nice depuis Paris tout en étant toujours à La Baule et au conseil régional des Pays de Loire… Je voudrais me mettre dans la tête d’un électeur LR, à sa place je me sentirai bien trahi. Il n’est pas du tout sans étiquettes, il était LR avant les municipales, et après sera LREM-compatible. Ce n’est pas une colonne vertébrale politique bien rigide, tout ça…

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe